C’est surtout pour cela, que j’ai effectué des études dans le milieu de la chasse et de la nature. Après avoir réalisé un Brevet d’Etude Professionnelle Agricole en élevage de gibier, j’ai accompli un Brevet de Technicien Agricole en gestion de la faune sauvage, puis un Brevet de Technicien Supérieur Agricole en gestion et protection de la nature. A l’issue, à 22 ans je me suis trouvé le plus jeune président de société de chasse de l’Hérault, département d’où je suis originaire.

 Cela fait onze ans que je chasse, et que je vis une passion étonnante. Malgré mon jeune age c’est difficile pour moi de cerner l’éthique du chasseur. Mais étant plus que passionné par ce loisir extraordinaire je me suis fait ma propre opinion sur ce sujet. Ainsi, pour moi, chaque chasseur amoureux de la chasse ce doit de respecter le gibier. C’est-à-dire de connaître les mœurs, l’habitat, et l’environnement qui entoure le gibier qu’il veut chasser. La chasse est avant tout un moyen de se ressourcer, de se vider l’esprit. Mon but principal est d’être avec mes amis dans la nature, de voir du gibier et pas spécialement le tuer, d’être en contact direct avec l’environnement qui nous entoure.

Mais tout ça ne devrait-il pas l’être aussi pour tous les chasseurs? Proche de la nature je suis avant tout gestionnaire et ne vais pas à la chasse pour « tirer » et faire un quota absurde mais pour être en prise directe avec la nature. Respectueux de la faune et de la flore je pars à la découverte d’émotions et de plaisirs partagés. Contrairement à des idées reçues, malgré mon âge, je ne pense vraiment pas que je gaspille mon temps. Je vais vers les autres et les contacts relationnels avec les « anciens » du milieu, me confortent dans mon choix et dans ma pratique.

Le regard que porte les aînés sur moi m’intéressent. C’est très captivant de parler avec eux puisqu’ils pratiquent ce loisir depuis des années et ont toujours en eux cette passion insatiable qu’ils arrivent à me transmettre rien qu’en me racontant leurs fameuses « histoires » de chasse. Surtout que maintenant les états d’esprits des gens ont totalement changés voir même ce sont complètements métamorphosés.

 Avant, il y avais du gibier en quantité, alors que maintenant, à cause de nombreux facteurs tels que la pollution, l’utilisation parfois excessive d’engrais et de pesticides, l’évolution progressive des forêts sur des terres qui été cultivées auparavant, etc.… le gibier se fait de plus en plus rare. Et puis à votre avis, un jeune est-il mieux à la chasse partageant des moments conviviaux avec des amis, découvrant des espèces faunistiques et floristiques merveilleuses, s’intéressant à des choses naturelles comme l’air, l’eau, le vent, les animaux, les fleurs, toutes ces choses qui vont lui permettre de s’épanouir, de comprendre la vie des animaux, leurs habitudes, leurs alimentations ?

Plutôt que d’être je ne sais où à n’importe quelle heure de la journée ? Pour moi la réponse est claire, sûre et absolue! Le chasseur, considéré comme « un brin pédagogue », devrait véhiculer une image différente de la chasse, d’autant plus qu’il y a de moins en moins de chasseurs. La baisse du nombre de chasseurs ne doit pas être une fatalité, au contraire ! Cette érosion est liée au faible recrutement de jeunes et de nouveaux chasseurs, mais également à la diminution du petit gibier. Autrefois, la chasse se faisait de génération en génération, alors qu’aujourd’hui ce n’est plus exclusivement le cas. Il faut diminuer les contraintes pour qui veut s’essayer à la chasse et attirer d’autres participants avec des méthodes nouvelles.

Par exemple, certaines associations de chasse communale, notamment la mienne, proposent la gratuité de la carte aux jeunes chasseurs. D’autre part, je reste persuadé que l’augmentation des populations de petits gibiers permettraient incontestablement d’attirer de nouveaux chasseurs. De nos jours, les jeunes ont accès à des activités multiples et variées alors que l’activité chasse est beaucoup moins accessible. Malgré tout, il faut qu’en même reconnaître que la chasse reste une activité relativement onéreuse. Les chasseurs, peu missionnaires, devraient pourtant promouvoir la chasse auprès des jeunes. Il faut offrir une autre image de celle-ci, plus moderne et plus chaleureuse.

La diminution du nombre de chasseurs, est liée, je suis sûr, non pas au manque de gibiers, mais au manque de communication. Cette pratique cynégétique est avant tout un loisir moins familial qu’une image traditionnelle le porte à croire, puisque, par exemple, je suis issu d’une famille que l’on peut qualifier d’anti-chasse, et y voue pourtant une passion débordante.